Sensibilité à la douleur d'autrui.

Publié le par malb


Jeune infirmière, j'avais vingt ans, Lorsque nous évoquions dans diverses conversations, ma sensibilité devant la  douleur physique et/ou psychologique des personnes soignées , des familles, j'entendais souvent" Avec le temps, tu vas t'endurcir".
Ce à quoi je répondais: "le jour où je serais insensible, j'arrêterais le métier, parce que je ne serais plus à l'écoute de l'autre", "parce que je ne pourrais pas répondre aux besoins de l'autre si je ne les entends plus".


A quarante ans, toujours pas insensible et heureusement.
J'ai seulement appris à prendre du recul dans des situations douloureuses, à ne plus en faire une affaire personnelle, à formuler, à dire plus facilement et à la fois à me taire ("ce n'est pas moi qui suis dans la situation, je peux seulement être une béquille pour l'autre").
J'ai appris à différencier le sang froid de l'insensibilité, à concilier sang froid et sensibilité.
Je l'ai appris en travaillant en équipe, en partageant, en suivant des formations...., par mes lectures.
J'ai aussi appris au fil des ans à me protéger en m'aménageant des moments pour recharger mes batteries de façon à être encore plus à l'écoute de l'autre.

Plus à l'écoute pour l'autre, plus à l'écoute pour moi aussi.

Une pile usagée, une batterie vide ne délivre plus de courant, il en est de même pour l'être humain.
Et s'il n'a plus rien pour les autres et pour lui ?
A ce moment là effectivement le risque est de devenir insensible, pour se protéger.

J'ai interrompu ma carrière à 48 ans, encore plus sensible et sensibilisée par la perte d'un être très cher.
Je risquais de ne plus être à l'écoute, attentive aux douleurs des autres. Trop torturée par ma propre douleur.

Ce récit n'est pas destiné à me valoriser,
il est juste destiné à vous montrer l'importance de faire attention à vous ( L'importance de penser à vous en premier pour pouvoir encore plus penser aux autres).
Destiné à ceux qui s'oublient au travail ou dans une relation, aux mères ou aux pères qui s'oublient, qui délaissent la recharge de leurs batteries.

Alors, les copinautes, prenez soin de vous, vite un moment pour vous recharger en énergie positive +++++

Et ce matin pour recharger vos batteries, je vous offre un bouquet....

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N
Merci Malb. Les mots me manquent après avoir lu ton témoignage. Je comprend certaines dites à travers les lignes. <br /> J'admire votre métier d'infirmière. Un métier que vous exercez avec tant de passion, de conviction, d'amour....<br /> Gros bisous.
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M
<br /> Merci Nadège,<br /> Je dois t'avouer que je pensais à toute la communauté en l'écrivant.<br /> Après avoir constaté la chaleur humaine qui y règne, les besoins de chacun et chacune de se protéger, de recharger ses batteries, de se ressourcer de part et par les articles, les commentaires, les<br /> sourires, les blagues....<br /> Je sais que tu as compris.<br /> Encore Merci.<br /> Bonne soirée Nadège. <br /> <br /> <br />
C
Oui je vois très bien ce que tu veux dire. Petit message pour penser à soi et être ainsi au mieux pour penser aux autres! Comme il est vrai que c'est souvent le plus difficile à faire ...vouloir assurer et assumer et épauler et comprendre et aider ... tu sais Michèle je travaille aussi dans le milieu médical et je sais bien ce qu'il faut de respect et d'humilité . Je sais aussi qu'il faut savoir dire je me sens fragile, je n'y arrive plus !Mais avouer sa fragilité et son besoin d'aide pffff pas si simple ! Du côté perso c'est pareil tu as raison .Je te dis Merci pour tes mots : ils font du bien, il me rappelle que je ne dois pas m'oublier. C'est important , et ce n'est pas égoïste, c'est prendre soin oui tu as trouvé les mots justes ! J'espère de tout coeur que tu as pu partager ta douleur même si souvent on se retrouve bien seul face à la perte d'un être cher.<br /> Je t'embrasse.<br /> @ bientôt
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M
<br /> Merci Chris pour ton commentaire, en effet pas facile de dire je suis fragile en ce moment, pas facile de déléguer par manque de moyens, d'effectifs aussi, mais je ne crois pas que ce soient les<br /> seules raisons. Le soignant nie son soi, le tait, le masque, le cache parce que le soignant dans son inconscient se doit d'atteindre la perfection, il ne peut pas s'autoriser à dire à un malade qui<br /> va lui dire je pleure et je souffre parce que mon chat a disparu, moi aussi, je souffre parce que... Il n'est pas là pour se dire le soignant, il est là pour soigner les autres pas lui.Et<br /> surtout il n'a pas le droit d'établir des échelles de valeur de la douleur, la personne souffre il se doit de la soulager....<br /> La souffrance du soignant est rarement prise en compte dans les services, malgré l'humanisation...<br /> J'ai combattu auprès des administratifs pour leur faire admettre qu'un soignant étant assis sur un lit en train de tenir une main c'est un soin (pas du repos pour le soignant). Batailles également<br /> pour faire passer d'autres méthodes de soin s'installer dehors dans les jardins sur un banc avec un malade, parler, c'est un soin... Bagarres pour instaurer des groupes de paroles pour l'équipe au<br /> complet... Bagarres pour instaurer des soins relationnels dans les planifications.... Heureusement le chef de service était en accord et soutenait ces mises en oeuvres.. Mises en oeuvres en douceur<br /> pour ne point heurter les équipes...certains soignants se refusant à entendre leur souffrance, alors en laissant le temps au temps, en mettant toujours l'équipe en avant, la participation a été<br /> totale...   <br /> J'avais de la chance en travaillant en médecine et puis en ouvrant un service d'accompagnement aux malades alcooliques, toxico et autres addictions  (CCAA )de travailler en équipe<br /> pluridisciplinaire avec psychologue, médecin, assistante sociale, nutritionniste, etc..et par moment quand je flanchais je pouvais dire stop, je programme mes rendez vous pour me laisser une<br /> semaine de repos...<br /> Je ne sais pas pour toi, l'équipe, les formations destinées à soulager les souffrances des soignants, je devais les défendre à corps et à cris auprès des instances...<br /> Pour obtenir l'intervention de personnes extérieures qui permettraient au final d'améliorer la qualité des soins quels combats..<br /> Durant ma carrière 28 ans j'ai financé mes formations en gelstat, PNL, Analyse transactionnelle, Ecole des Cadres, DU d'alcoologie, pas de budget et quand j'ai voulu quitter à un moment donné, une<br /> dame du bureau du personnel, m'a dit "après tout ce qu'on a fait pour vous, vous n'allez pas nous lâcher..."<br /> La plupart des formations que je demandais, en cohérence, pour reprendre leur terme avec mon poste, n'étaient pas souvent acceptées quand je travaillais en réa, smur, réveil, etc...<br /> <br /> Maintenant j'utilise le terme être égoïste, avec cette définition savoir se protéger, recharger ses batteries, savoir dire je ne suis pas disponible, peut-on différer?, et dire non sans me<br /> justifier. Pour être au mieux afin d'accompagner l'autre, afin de lui apporter la qualité, afin d'ëtre en capacité de l'entendre pas seulement de l'écouter.<br /> <br /> Ma douleur est plus facile à gérer pour répondre à ta question parce qu'il vit en moi, en nous, il me protège, m'apporte du positif..me protège... il ensoleille lui aussi mon quotidien,,, il m'aide<br /> à partager, à dire que la vie est belle.<br /> A bientôt et merci Chris.<br /> Bonne nuit. Moi aussi je t'embrasse.<br /> Michèle<br />  <br /> <br /> <br />
G
bonjour Mimi , comment ne pas être ému en vous lisant , ce n'est pas un petit coeur que vous avez , c'est tout votre corps qui est un coeur ,hé oui aussi gros que ça , j'aurai aimé etre soigné par vous , tant de chaleur ne peut faire que du bien et retarder l'échéance , je n'ose laché une larme car mon clavier est en dessous , mais elle est là tout de même . continue Mimi tes textes pliens de tendresse ils te ressemble j'en suis sûr, tu transpire la bonté et si comme tu le dit parfois tu est pas facile , c'est tout simplement tu as l'amour en toi qui déborde . allez bisous mimi sur ton front avec beaucoup de tendresse tu le mérite ma chérie ( pardon pour le môt mais je le pense et il est tout a fait amicale . Papy jojo
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M
<br /> Oh merci Georges, tu es un amour de papy Jojo.<br /> Et moi mamy mimi!<br /> Si tu me voyais en colère tu ne dirais pas que c'est l'amour qui déborde!<br /> Tu sais ce que c'est quand on aime ce que l'on fait, je pense que l'on peut se dépasser, s'améliorer au quotidien, se surpasser et quand on a confiance dans l'humain, que l'on aime autrui sans<br /> jugements...et surtout quand on attend aucune reconnaissance, l'accompagnement de la personne est plus simple (je préfère le mot accompagner à aider) en se considérant comme une béquille,  Je<br /> suis une béquille, ce qui protège le soignant et le soigné...<br /> Je crois que j'en reparlerais un jour en développant.<br /> Merci Georges.<br /> Gros bisou sur le front...<br /> Michèle<br /> <br /> Au fait je t'ai tagué viens voir sur l'article TAGUEE sur mon blogi<br /> <br /> <br />
M
Comme je te comprends, un jour il faut lever le pied, dire stop à tous ceux qui nous mangeraient s'ils le pouvaient, parfois même sans le savoir, juste par habitude.<br /> Tu as bien fait et je me suis dit la même chose depuis mes débuts, le jour où je n'aimerai plus, j'arrête.<br /> <br /> Michou
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M
<br /> Merci Michou<br /> Je pense également que l'on devrait aussi apprendre à dire non, savoir dire pour l'instant je ne suis pas disponible, ce qui éviterait l'usure..<br /> J'aime toujours mon métier c'est surtout parce que j'étais de plus en plus fragile que j'ai arrêté et suis tout à fait d'accord avec toi sur le fait de stopper quand tu n'aimeras plus...<br /> A bientôt et merci pour tes commentaires et ta visite.<br /> <br /> <br />
S
gros bisous
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M
<br /> Merci pour le gros bisou, il est bien apprécié.<br /> gros bisous et bonne soirée Sandrine<br /> <br /> <br />